
Le baptême
Comment étaient choisis les parrains et marraines en Limousin au XVIIIéme siècle:
- Un garçon porte le prénom de son parrain, une fille porte le prénom de sa marraine
- Si le parrain est choisi dans la famille du père de l'enfant, la marraine est choisie dans la famille de la mère, et inversement.
Les parrains et marraines des enfants d'un couple sont, dans l'ordre des naissances :
- Les grands-parents de l'enfant. Si l'on ne voit pas apparaître un grand-père ou une grand-mère comme parrain ou marraine on pourra en déduire que celui-ci est décédé.
- Les oncles et tantes de l'enfant ou les époux de ceux-ci
- Les frères et sœurs de l'enfant, même très jeunes (à partir de 8 ans)
- Les cousins de l'enfant ou les époux de ceux-ci
- Les notables (nobles, bourgeois, curés), les propriétaires de la terre cultivée par les parents de l'enfant
- Les voisins et amis des parents de l'enfant.
Document réalisé par Aimé Nouailhas
Le baptème sous condition
La règle de base est qu'un chrétien (catholique romain en France) ne peut être baptisé deux fois. Dans tous les cas un prêtre baptise un enfant sous condition lorsqu'il s'agit d'un enfant trouvé ou abandonné car on ne sait pas s'il l'a déjà été. Donc, il est baptisé « sous la condition de ne pas déjà l'avoir été d'autre part ». Il peut s'agir aussi d'un enfant ondoyé à la maison à cause du péril de mort. Il était alors baptisé sous condition (l'ondoiement n'est pas un baptême réel ), mais il n'est fait qu'en cas de décès avant « régularisation par baptême », l'enfant pouvait donc être enterré en « terre chrétienne », et accéder au Salut éternel, les petits enfants comme toute l'humanité étant héritiers du Péché Originel. La question du Salut des petits enfants non baptisés a toujours posé problème. Depuis saint Augustin, l'Église estime que les enfants morts sans baptême ne peuvent accéder au paradis, n'ayant pas été lavés du péché originel, ni aller en enfer, n'ayant encore rien fait de mal. D'où l'invention des Limbes par les théologiens latins du Moyen-âge pour résoudre la question de la destinée des enfants morts sans baptême. A partir du XIIIe siècle, on commence à parler des limbes, un endroit indéterminé mais caché de la face de Dieu, où se retrouvent les enfants non-baptisés. Ces limbes, qui n'ont jamais été une vérité de foi donc un dogme et qui ne sont apparus dans le catéchisme qu'en 1904, pour disparaître dans celui de 1992, ont été remis en question en 2007 par le pape Benoît XVI qui a supprimé ce concept de la théologie catholique.
Le destin post-mortem effrayant promis aux petits enfants non-baptisés cause une véritable terreur aux parents. Ainsi, des stratégies de substitution se mettent en place, comme le baptême par un membre de l'assistance. Toute personne baptisée pouvant baptiser une autre personne (en général, la sage-femme ou la matrone officiait) à condition qu'elle dispose d'un peu d'eau, peut baptiser. Ce baptême sous condition doit en revanche être régularisé après coup.
Il existe d'autres cas : les enfants (en général de familles riches) étaient ondoyés peu de temps après leur naissance à la maison par un prêtre ou un religieux, mais il n'y avait pas de mention dans un registre de catholicité et quelques années plus tard le baptême « officiel » avait lieu avec d'illustres parrain et marraine à l'Église. Et comme le premier acte n'avait pas de preuve écrite, le second avait lieu sous condition.
document Yvan Matagon